Expé en crête 27 juillet au 5 aout 2008
Expé en Crête
Massif des Lefka Ori
Je dédie ces quelques ligne à ma petite femme qui depuis plusieurs années accepte la solitude du à mes absences pour me laisser vivre ma passion.
Du 27 juillet au 5 août
Dimanche 27
Je prends l'avion le matin à 6h30 à Lyon pour Francfort, Athènes, puis Héraklion. Ce sont les mystères des tarifs aériens, en décollant 3 fois, et en passant par le nord de l'Allemagne, ça coûte 2 fois moins cher qu'un vol direct !
Le massif du Mt-Blanc lors du premier vol
Arrivé à Athènes, je ne fais pas gaffe qu'il y a 1h00 de décalage horaire, je pars me balader et rate l'avion ! Heureusement, il y en a un 3h00 plus tard que je peux prendre sans modif de tarif. Arrivé à Héraklion, il fait nuit et je ne peu contacter personne. J'ai l'adresse d'un petit hôtel, je m'y rends en taxi, mais il est complet. Je vais encore en faire 5 autres : full, full ...Ils sont tous complets. Je hère un peu pour essayer de trouver un endroit pour dormir, mais en plein centre ville ce n'est pas évident. Finalement, c'est dans une maison en ruine entourée par une palissade de tôles que je vais trouver refuge.
J'arrive à m'insinuer derrière une tôle, est je vais m'installer près d'un tas de gravas. Il y a des morceaux de doublage en polystyrène avec lesquelles je vais me confectionner un matelas sur lequel je ne vais pas si mal dormir que ça...Putain, mais que c'est bruyant la ville !
Lundi 28
Dès le matin, je prends le bus pour Géorgiopoulis situé à
Nous avons de la chance, le temps s'est couvert ce qui nous protège quand même des derniers rayons du soleil toujours trop chaud à mon avis en ces contrées...
Après une bonne heure de marche, je découvre enfin le reste de l'équipe et la fameuse grotte du bivouac, qui peut être assimilée à un véritable refuge tant elle est pratique et bien aménagée. On peut presque dire qu'il y règne pour des gens habitués un certain confort, mais il faut savoir tout même que l'eau est une denrée particulièrement rare qui ne peut être récupérée qu'à – 70 dans une cavité. L'eau est donc ici une denrée trop précieuse pour pouvoir envisager de faire un brin de toilette ou de vaisselle ! Aller au chiotte est un moment d'anthologie, en effet une lunette de wc est fixée sur 2 barres métallique au sommet d'un p10 et la vue sur des hectares de lapiaz y est surprenante. Un drapeau permet de matérialiser l'occupation des lieux !
En soirée, Mouloud et Jean-Pierre, les explorateurs du jour ressortent en apportant les dernières nouvelles : arrêt sur puits vers -930 m par manque de cônes de spits !
Mardi 29
Je descend avec Phil poursuivre la pointe dans ce gouffre du lion. Le puits d'entrée fait 70m, il est suivi d'une longue suite de petites verticales avec plusieurs passages qui ont fait l'objet de désob, et sont encore souvent relativement étroits. Vers -250, on enchaîne quelques verticales plus importantes jusqu'à -400 ou un méandre d'une centaine de mètres plus ou moins étroit, mais surtout truffé de becquets accrocheurs ralenti un peu la progression.
Vers - 300m
Encore 2 ou 3 petits puits suivi d'un nouveau méandre où l'on peut cette fois avancer de front, et nous voila débouchant dans le collecteur qui coule au contact des schistes verts épais de quelques mètres. La galerie tout d'abord large et chaotique, fait progressivement place, tandis que nous passons au dessous des schistes, à un très large méandre agrémenté de petites cascades et de marmites. Le contraste est saisissant entre les dolomies en cargneule du tripoliza des 500 premiers mètres de verticale, et les calcaires du plattenkalque en petits bancs gris sombres veinés de blanc qui vont nous accompagner d'ailleurs jusqu'au fond. Une cascade de
La topo nous apprendra que nous avons tout juste passé la cote -1000 !!!!
TPST : 16h00
Mercredi 30
La matinée est pour partie consacrée au repos, puis je pars prospecter aux alentours du bivouac. Je trouve quelques dolines soufflantes encombrées de cailloux, puis j'ouvre en enlevant 2 cailloux un p8. Je reviendrais peu après avec Léon qui me confirmera que le trou n'est pas connu. Je descendrais le p8 au bas duquel une petite salle avec de part et d'autre 2 avals qui sont rapidement colmatés d'éboulis indurés. En soirée, Marco et Thierry reviennent du fond et nous annoncent qu'ils ont atteint un siphon vers -1100, enchaînant encore et encore de nombreux fractios. Nous compterons d'ailleurs par la suite, qu'il doit y en avoir plus d'une centaine de -800 à -1100 m !
Jeudi 31
Poursuivant mes prospections, je découvre un courant d'air notoire au fond d'une grosse doline. Je commence à enlever quelques pierres, mais j'irais finalement chercher Léon en renfort. J'en profite pour m'éclater sérieusement un pouce. Nous poursuivons tant bien que mal la désob, et stoppons vers – 4m ou le courant d'air semble toujours fuser au travers des blocs. En soirée La svelte Manon viendra confirmer le diagnostique. De retour au à la grotte bivouac, heureusement il y a des strips dans la pharmacie qui permettrons de recoller le lambeau de chair qui pend à l'intérieur de mon pouce.
Voila quelques jours que je suis la, et j'apprécie particulièrement les talents de Léon, notre responsable d'expé et cuisto. Je suis convaincu que dans les mêmes conditions, Bocuse ne pourrait faire mieux !
Vendredi 1er
Nous sommes 6 : 2 Grecs, Yanis et Grégory et Jean-pierre, Manu, Mouloud et moi à descendre au siphon terminal, pour ensuite attaquer le déséquipement. Malgré mon pouce, j'ai décidé de descendre, mais je ne pourrais déséquiper. Je prendrais donc le premier kit au retour dès qu'il sera plein... Le siphon à l'eau turquoise limpide et cristalline est à faire bander Cousteau ! il est magnifique et l'on peu voir qu'il semble plonger profondément. Après une séance embrassade et photos dont une avec le drapeau Grec ! , nous pouvons commencer la remonté.
Le siphon à - 1110m
Comme prévu je prends le premier kit, tandis que je peux compter les battements de mon cœur dans mon pouce qui me lance. Le spectacle de mes camarades étagés au dessous de moi, minuscules halots de lumière dilués dans les embruns du canyon plongeant dans l'obscurité est saisissant. Je les abandonnent vers – 1000, et c'est finalement seul que je remonterais jusqu'à la surface. Je sors à 23 heures. Les derniers ne ressortiront que le lendemain matin à 9h00. TPST : 14h00
Le report topo effectué durant la journée nous apprend que le siphon est à -1110m.
Samedi 2
Je commence à descendre une partie du matos en acheminant 2 kits dans la vallée. Je ne suis pas un fana de la douche, mais après 5 jours, j'apprécie tout de même de me tremper nu comme un vers dans l'abreuvoir des chèvres, puis à faire ensuite un brin de toilette à l'aide d'un gobelet en guise de douche ! De retour au bivouac, je pars avec Marco et Pierrot prospecter dans le fond du vallon ou devrait approximativement se située la faille au contact de laquelle sont creusés les derniers 300m du trou du lion. Nous ne trouverons absolument rien, mais par contre en remontant au bivouac je descendrait en oppo dans un p10 au fond duquel il reste bien
Dimanche 3
Je pars avec Manu pour la corvée d'eau. Nous descendons à –
Lundi 4
Nous descendons à 3 (Thierry, Marco et moi) pour poursuivre le déséquipement à partir de – 500. Thierry remonte immédiatement avec un kit déjà plein tandis qu'avec Marco nous avons prévu les néoprènes pour essayer de poursuivre l'explo de l'amont du collecteur ou la nage devient nécessaire. Mais Marco n'est pas en forme, peut-être suppose-t-il à cause d'une soirée bien arrosée en raki ? Il commence par vider sa chiasse en aval et finalement préfère abandonner le projet.
Nous allons tout de même effectuer le déséquipement jusqu'à -240 ou nous arrivons au sommet du p50 avec deux kits au cul plus des cordes accrochées ! A partir de cette cote, la configuration plus étroite des lieux ne nous permet de ressortir qu'avec chacun un kit aussi gros soit-il. TPST 7h00
Mardi 5
Pour moi c'est aujourd'hui déjà le jour du retour. Enfin avoir pu prendre 10 jour de congés en août est déjà quelques chose d'inespéré. Jojo et Jean m'accompagne tout en descendant du matériel. En empruntant le sentier, je ne peux m'empêcher plusieurs fois de me retourner pour regarder avec nostalgie une dernière fois ce paysage devenu coutumier et remémorer tous ces bons moments avec des nouveaux amis ou des amis retrouvés. Une nouvelle aventure prend fin. Je retrouve le monde, les touristes (au féminin) dont certaines sont aussi belles qu'un siphon à – 1000 !!! Je cours dans les aéroports pour attraper les correspondances trop justes du au manque de ponctualité des avions. Il ne fait aucun doute, j'ai retrouvé la civilisation ......
Bruno
Participants :
France :Léon Bonvalot (responsable expé logistique) Thierry Monges (responsable explorations) Jean-pierre Villégas, Pierot Bourgoin, Alain Soubirane, Marc Faverjon, Bruno Hugon, Phil Bence, Manu Ruiz, Jojo ?,Manon et jean moreau
Grèce : Kostas Adamopoulos, Nikos, Gregory, Yanis, Iota, Fortini.
Partenaires : Magasins Super U, CDS 25, CDS 01.

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